Droits TV : la Serie A vaut-elle plus d’1 milliard ?

Le suspense n’est pas que sur le terrain en ce début d’année 2021. La Serie A joue peut-être même sa partie la plus importante dans les bureaux de la Lega, loin de la lutte pour le titre et d’un dixième scudetto de rang pour la Juventus qui est contesté par l’AC Milan, l’Inter, la Roma, le Napoli voire l’Atalanta, Sassuolo et la Lazio. Une concurrence au sommet du championnat bienvenue.

Car la Lega Serie A a lancé son appel d’offre pour les droits TV 2021-2024. Et là aussi, rien n’est acquis. Après le marché international en fin d’année 2020, le document domestique a été divulgué entre le Nouvel an et l’Épiphanie. Et pour résumer en un mot « fle-xi-bi-lité ». Les combinaisons semblent infinies pour partager le championnat entre les diffuseurs. Sky et Dazn, les détenteurs actuels, mais aussi Amazon, qui vient d’acquérir l’affiche du mardi, soit 16 matches de Champions League par saison en Italie pour 2021-2024 ou encore Eurosport, Tim voire Netflix ou Disney Channel sont des candidats potentiels expliquait en début de semaine la Gazzetta dello Sport.

L’objectif est d’encaisser 1,15 milliard d’euros par an, alors que le contrat national actuel verse dans les caisses 973 millions entre Sky (780) et Dazn (193). Une légère progression espérée malgré le contexte économique difficile pour des clubs dépendants de l’apport des droits TV dans leur budget à hauteur de 59% (en moyenne). Et malgré des rapports tendus avec Sky, qui n’a toujours pas effectué le dernier versement de la saison 2019-2020 (terminée pendant l’été après trois mois de suspension dû à la pandemie de Covid-19).

A (ré)écouter, le podcast calcio espresso : Les droits TV dans le football avec Pierre Maes

Deux formules et trois phases possibles ont été pensées par l’équipe du président Paolo Dal Pino et de l’administrateur délégué Luigi De Siervo, pour stimuler la concurrence entre diffusions satellite, digitale et internet. La décision du Conseil d’État qui, dans l’affaire R2, a interdit les exclusivités sur Internet à Sky pourrait peser. Ainsi, la Lega a prévu une vente par plateforme ou mixte. La première formule prévoit les 380 parties par satellite (minimum 500 millions), digital terrestre (400 millions) et internet (250 millions). Le seconde propose 266 matches sur tous les supports (750 millions minimum), 114 rencontres aussi tous supports (250 millions) et enfin 114 matches juste sur Internet (150 millions).

Après l’appel d’offre classique, des discussions privées pourraient être ouvertes si les prix de réserve ne sont pas atteints sur certains ou tous les lots. Puis, faute d’accord, la voie serait ouverte à des intermédiaires indépendants (agences, plateformes…) qui pourraient gérer les droits en autonomie. Mediapro était passé par ce chemin en 2018 pour obtenir les droits contre 1,1 milliard d’euros par an pour 2018-2021 avant de voir l’accord être annulé faute de garanties financières. Ce qui s’est ensuite passé en France avec le groupe sino-espagnol a donné raison à cette prudence italienne qui devrait se prolonger lors de ces négociations.

La Lega producteur et distributeur ?

Nouveauté dans cet appel d’offre, la Lega Serie A a la possibilité de créer son propre canal et de produire puis distribuer les matches à son ou ses partenaires (via Sky ou une plateforme comme Amazon, Netflix ou Disney Chanel?). Pour rappel, à l’automne, la Lega a vendu 10% de sa nouvelle société commerciale à trois fonds privés, CVC Advent et FSI, encaissant 1,7 milliard d’euros et s’ouvrant une ligne de crédit allant jusqu’à 1,2 milliard d’euros. De l’argent frais et rapide qui va permettre aux dirigeants de respirer un peu alors que les pertes liées à la pandémie de Covid-19 (billetterie, partenariat…) entraînent des retards dans les versements de salaires et des accords avec les joueurs dans certains clubs pour repousser ou étaler le paiement certaines sommes.

De plus, cette fois, avec la media company, aucune société n’a été sollicitée pour gérer l’appel d’offre, comme Infront lors du dernier. Une économie de 55 millions par an.

Une chose ne change pas, Les horaires d’une journée type de Serie : trois matches le samedi (15h, 18h et 20h45), six le dimanche (12h30, trois à 15h, 18h, 20h45) et un le lundi (20h45).

Déjà, lundi 11 janvier, les enveloppes des droits internationaux seront ouvertes. Un premier indice. IMG avait raflé le tout pour la période 2018-2021 contre 380 millions d’euros par an. Suffisant pour battre (et entamer la déchéance) de MP & Silva, mais trop pour réussir à rentabiliser. Il y a peu, la somme de 2,5 milliards était rêvée pour l’ensemble des droits nationaux et internationaux de la Serie A, Coppa Italia et Super Coppa (contre 1,4 milliard actuellement). La réalité du marché actuel devrait être bien en deçà.

Les offres des diffuseurs sont attendues entre le 22 et le 26 janvier pour les droits nationaux. Un conseil d’administration suivra. Le temps est compté à sept mois du début du début de la saison 2021-2022, la première du contrat triennal. Surtout si la Lega venait à créer son propre canal…

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