Demi-finales aller-retour de Coppa Italia : c’est beau mais en trop?

Internazionale – Juventus (2/9 février) et Napoli – Atalanta (3/10 février) : elles sont belles ces demi-finales de Coppa Italia qui vont occuper les derniers milieux de semaine avant le retour des coupes européennes. Belles mais peu surprenantes. Trois des quatre demi-finalistes l’étaient déjà la saison passée. Milan est remplacé par l’Atalanta, qui avait atteint le dernier carré les deux années précédentes (et même la finale en 2019). Un programme émoustillant mais prévisible. Le format de la compétition (lire ci-dessous) diminue la probabilité de voir des invités surprises. Les quatre rescapés n’ont eu que deux tours à passer en janvier en étant tête de série…

L’incongruité de ces demi-finales est le format en aller-retour quand tout le reste de la coupe est à match unique depuis plusieurs saisons. Sens du spectacle? Droits télévisés avec deux soirées en bonus pour la Rai, la TV publique qui retransmet la compétition (contre 35,5 millions par an)? Peut-être un peu des deux. Mais dans un calendrier surchargé, encore davantage en cette saison impactée par la pandémie avec un début de saison retardé d’un mois, éviter un match n’aurait pas été de trop. D’autant qu’avec des stades à huis-clos, les tifosi ne peuvent profiter de ces soirées en format coupe d’Europe et les clubs n’encaissent pas les recettes de billetterie. La Juventus a joué neuf rencontres en janvier et va enchaîner Inter, Roma, Inter, Naples avant son huitième de finale aller de Champions League contre Porto (17 février). Compliqué de ne pas être tenté de faire des choix…

Avant le derby de Milan en quarts de finale (2-1), Antonio Conte, dont son Inter est la seule des demi-finalistes à avoir quitté l’Europe, avait rappelé l’importance prioritaire du championnat. Si le scudetto est une ambition cachée, finir dans le Top 4 pour se qualifier en Champions League et ainsi obtenir les dizaines de millions de revenus, alors que son club traverse une période compliquée économiquement, est le minimum vital. Oui, sacrifier la coupe nationale est le plus facile, le moins pesant dans le bilan de fin de saison auprès des dirigeants et tifosi.

Le vainqueur de la Coppa Italia recevra 5,3 millions d’euros (le finaliste 3,4) de droits TV. S’il n’aura pas la part billetterie de la finale (environ 1,5 million par club), ce n’est tout de même pas négligeable, avec les revenus de la Super Coppa à suivre. Il y a aussi un billet en Europa League, alors que la saison de Serie A est encore longue et peut réserver des surprises avec les sept premiers aussi proches et six places pour les Coupes européennes.

Surtout, c’est un trophée à soulever le 19 mai. Le palmarès de l’Inter est vide depuis 2011 et une Coupe d’Italie (la 4e en 7 saisons). Antonio Conte ne l’a jamais remportée en tant qu’entraîneur. Cette double confrontation en sept jours face à son ancienne épouse, peu après un premier succès (2-0, 17 janvier) en Serie A pourrait aussi avoir un poids psychologique pour la suite de la saison. Avec juste la championnat au programme du 10 février au 19 mai, l’Inter doit la jouer à fond. Mais les autres aussi. La Juve l’a récemment gagnée quatre années de suite (2015-2019) en plus du scudetto. En cette saison aux allures de transition, une coupe pour Pirlo serait déjà un acte fondateur, avant peut-être le dixième titre de suite des Bianconeri la semaine suivante. Le Napoli a retrouvé le goût du succès avec 3 Coppa depuis 2012. La conserver en cette énième période de turbulences pourrait donner du temps et du crédit à Gattuso et son groupe. L’Atalanta ne l’a gagnée qu’en 1963, perdant depuis trois finales. Si le championnat semble (encore) un peu trop haut, une coupe serait une récompense du travail effectué par Gasperini et la direction depuis des années pour porter Bergame dans le paysage des grands d’Italie.

Pour conclure avec le derby d’Italia qui ouvre le programme ce mardi soir, c’est la cinquième fois que les deux clubs s’affrontent en demi-finales. La Juventus s’est toujours qualifiée. La dernière fois, en 2016, ce fut aux tirs au but après un succès 3-0 à l’aller et un revers 3-0 au retour. Le charme des matches aller-retour. Oui, c’est bien. Mais cette année, au moins, on aurait pu s’en passer. 

Le tableau de cette saison.

Coppa Italia, quèsaco?

La Coppa Italia a régulièrement changé de formules, connaissant même des périodes avec des phases de groupes. Il y eut une serie de réformes pendant les années 2000 afin de se rapprocher de l’esprit de la Coupe de France et de la Cup d’Angleterre, comme le retour des tours préliminaires en matches secs en 2005-2006 sans ouvrir à toute la pyramide du football italien. La Serie C a sa propre Coppa Italia (Juve U23 tenant du titre), la Serie D aussi, alors que la Coppa Italia Dilettanti est pour les équipes d’Eccellenza.

Pour revenir à la Coppa Italia, alors que toute la phase finale (à partir des huitièmes de finale) était disputée en rencontres aller-retour, la finale en match unique a été instaurée en 2008, ainsi que les huitièmes et les quarts de finale la saison suivante. Seules les demi-finales ont conservé ce format aller-retour. Autre particularité, les huit premiers de la saison précédente de Serie A, qui évitaient déjà les tours préliminaires, ont même droit à un statut de tête de série. Du 1 au 8, déterminé par tirage au sort, avec l’assurance de ne pas s’affronter avant les quarts. Un tableau ressemblant à un tournoi de tennis est ainsi déterminé avant le début de la compétition. Quelques clubs de Serie C (29) et Serie D (9) sont conviés (je vous passe les règles d’accès, ici le règlement) en plus de toute la Serie B et Serie A. Mais avec les diverses protections, on retrouve presque toujours les mêmes en demi-finales et surtout quasiment exclusivement des formations de l’élite. Depuis 2009, la Juventus est pour la neuvième fois dans le dernier carré (et six sur les sept dernières éditions), l’Inter sept, le Napoli six (et trois titres). Si depuis cinq ans, les demi-finalistes sont issus des têtes de série, en 2016, Alessandria avait fait sensation. Le club de Lega Pro (3e division) s’était hissé aux portes de la finale, affrontant l’AC Milan. Après un cours revers à domicile (0-1), le match à San Siro avait été de trop (5-0). Mais pour les acteurs de l’époque, sans doute beau.

Ce.C.

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